Vous savez, dans ma vie des choses vraiment importantes, il n'y en a pas tant que ça. Il y a lui, eux, l'art, le soleil. Et la boucle est bouclée. Je ne vis que pour ça depuis quelques mois. J'aimerais pouvoir un jour arriver à expliquer ce que je ressens. Sentir ses joues s'empourprer sous le coup de l'émotion et les frissons s'emparer de tout son corps à la découverte de ces images animées. Ces images de révolution, d'espoir, de courage. Vouloir remonter le temps et être avec eux. Combattre, toujours. Je ne me laisserais plus jamais marcher dessus, je le sais. Qu'ils aient un uniforme ou non, les gens ne me terroriseront plus. J'ai grandi, des larmes salées dans les poings. Pleurer pour quelques notes, sentir qu'elles se propagent dans ses veines, mettre toujours plus fort, s'anesthésier. Avoir envie de marcher pieds nus lorsque le soleil pointe le bout de son nez, de crier, toujours un peu plus. Vous voyez, je tente de l'écrire, en vain. C'est mille fois pire que ça, mille fois mieux. Je ne vois qu'une façon de traduire cet amour démesuré, je ne sais pas si j'oserais, si je trouverais les bons traits, une fois de plus.
Je suis vivante.